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Emprunts au latin et au grec

La linguistique française distingue entre les emprunts au latin et au grec et les emprunts aux autres langues. Le français ne considère pas le latin comme langue étrangère. Cest pourquoi, les emprunts au latin et à lancien grec dans leur forme latinisée portent le nom de formations savantes (ou tout simplement des emprunts), tandis que les emprunts aux autres langues sont connus sous le nom des emprunts aux langues étrangères.

Vers le X-ème siècle le lexique du français était déjà formé. Mais ce lexique nétait pas riche: il était fait par le peuple pour son usage quotidien et contenait les mots nécessaires aux formes primitives de la société humaine dautrefois. A mesure que la civilisation se développe, cette langue devient insuffisante, à des idées nouvelles, engendrées par les nouvelles formes de la vie sociale, il fallait des mots nouveaux. Ces mots ont été empruntés par les savants (clercs) au grec, mais surtout au latin classique. Mais comme à cette époque le sentiment de la prononciation latine sétait perdu, ils se contentèrent de calquer les mots sur le type latin sans autre changement quune légère altération de la terminaison. Les mots populaires ou introduits par la tradition orale avaient été faits avec loreille, les mots savants ou les éléments demprunt furent faits avec les yeux.

 

 

Les mots populaires diffèrent toujours plus ou moins des mots latins doù ils viennent, les mots savants sont la reproduction lettre par lettre du type dont on a simplement francisé la terminaison.

Les emprunts au latin dans la double formation populaire et savante ont produit en français les doubles formes dun même mot ou ce quon appelle doublets étymologiques.

Doublets étymologiques

Mots latins Mots populaires Mots savants

(mots demprunt)

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appréhendre apprendre (XXI s.) appréhender (XIII s.)

fragilem frêle (XI s.) fragile (XIV s.)

integrum entier (XII s.) intègre (XVI s.)

mobilem meuble. (XII s.) mobile (XVI s.)

fabrica forge (XII s.) fabrique (XIV s.)

liberare livrer (XI s.) libérer (XVI s.)

major maire (XII s.) major (XVI s.)

rationem raison (XII s.) ration (XIV s.)

rigidum raide (XII s.) rigide (XV s.)

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La comparaison entre les mots de formation populaire et les mots de la formation savante nous permet de faire des observations suivantes:

1. Les mots populaires sont attestés plus tôt que les mots savants. Ils se rapportent généralement au XI et XI siècles. En réalité ils sont beaucoup plus anciens, ils remontent au latin parlé.

2. Les mots populaires sont plus brefs que les mots savants, ce qui sexplique par la chute de certains sons, tantôt dune consonne entre deux voyelles / consonne médiane , tantôt par la contraction de deux voyelles en une seule (chute de la voyelle brève atone).

3. Les mots populaires gardent laccent tonique sur la syllabe quil frappait en latin.

4. Les mots savants qui rappellent plus fidèlement la forme écrite du mot latin, déplacent laccent tonique, en le portant sur la dernière syllabe prononcée, cest-à-dire suivant les règles de laccentuation française et non latine qui est complètement oubliée.

5. Les doublets sont rarement synonymes. Les mots populaires ont une tendance au concret et non à labstrait. Les mots savants sont parfois des mots spécialisés (des termes), par ex.: ration, intègre.

Les doublets étymologiques ne sont pas la superfluité de la langue, ils en enrichissent le vocabulaire.

 

Les emprunts au latin commencent presque depuis lorigine de la langue: nous voyons des emprunts attestés au XI, au XII s.s. mais cest surtout à partir du XIV s. que son influence se fait sentir; au XVI s. linfluence des emprunts est toute puissante.

Au XVII s. et au XVIII s. la formation latine continue sans relâche. De nos jours elle a un peu supplanté la formation populaire. Le français daujourdhui a beaucoup demprunts au latin.

Le français emprunte non seulement les mots latins, mais il ajoute des affixes français aux radicaux latins.

Les mots empruntés au latin classique sassimilent facilement au français, ils donnent beaucoup de dérivés, ce qui prouve que le français ne les considère pas comme mots étrangers. Les emprunts au latin sont immédiats. A partir du XVI s. ces emprunts sont nécessaires surtout pour les besoins de la terminologie scientifique et dans ce domaine ils vont toujours croissants jusquà nos jours. Les emprunts au latin servent à former également une quantité de mots dérivés.

A côté des emprunts au latin le français enrichissait son vocabulaire par les emprunts au grec. Ces emprunts sont médiats. Les mots grecs furent dabord empruntés par le latin et puis passèrent au français.

Jusquau XIV s. le français ne connaissait que peu déléments grecs.

Ainsi, bursa, mot grec, par lintermédiaire du latin (lat. byrsa) donne en français bourse; colla (lat. colla) > colle; care (lat. cara) > chère; platus > plat. La langue déglise a fourni dautres emprunts au grec: episcopos > évêque, apostolos > apôtre, canonicos > chanoine, parabola > parole, ecclosia > église et quelques autres.

Au XVI s. les emprunts au grec ont été peu nombreux. Dune façon générale cest par la science et non par la littérature que le grec a pénétré dans le français. Encore les mots de la terminologie scientifique ont-ils fait un long stage en latin avant de passer en français. Cest au XVIII s. que la terminologie grecque triomphe définitivement. Limmense développement des sciences naturelles charge le lexique scientifique dun nombre énorme de mots nouveaux; ce sont presque tous des dérivés ou des composés, cest-à-dire, formés à laide de plusieurs mots qui jouent tantôt le rôle des suffixes , tantôt des préfixes, exemples: monographie, télégraphie, graphologie, philharmonie, bibliophile, téléphone (phone voix), phonographe.

Emprunts aux langues étrangères

On a contesté très souvent le droit légitime qua toute langue de faire des emprunts aux langues voisines. En réalité le langage cherche toujours dans son développement les voies les plus courtes. En voici un exemple: un objet nouveau arrive de létranger, une voiture de chemin de fer, par exemple.

On prend le nom avec lobjet et on appelle cette voiture un wagon, bien que ce mot ne signifie rien dautre quune voiture. Pourquoi pourtant le français a adopté le mot wagon et non son propre mot voiture dans ce cas. Le mot voiture a plusieurs significations différentes.

 

Il signifie une voiture en général et non les voitures spécialement aménagées pour chemin de fer. Pour arriver à cette signification spéciale le mot wagon a dû passer par plusieurs transformations chez les Anglais. En le prenant tout fait le français se dispense de la nécessité de faire un travail analogue sur le mot voiture pour en spécialiser le sens.

Il évite un effort intellectuel. Le procédé demprunt étant plus simple est donc préféré dans ce cas.

Les emprunts se font pour deux raisons essentielles: 1) des contacts pacifiques et 2) des guerres.

Au XVI s. linfluence de la culture italienne crée des circonstances favorables pour que les éléments italiens pénètrent dabord dans la langue de la cour de France, plus tard dans le parler du peuple. Le commerce, surtout à Lyon, contribue aussi à lintroduction des mots italiens de même que les guerres de la France avec lItalie à la première moitié du XVI s. Il en résultait quun nombre considérable de mots dorigine italienne, plus de 500, prirent place dans le vocabulaire français du XVI s. et certains y demeurent jusquà nos jours. Il ne faut pas croire que les emprunts à litalien ont cessé depuis. Ils se font jusquà nos jours, mais leur nombre est plus restreint.

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