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Emprunts aux langues romanes

Les emprunts à litalien sont: 1) des termes de guerre, tels que: attaquer, barricade, bastion, bataillon, brigade, canon, cantine, cartouche, cavalcade, cavalerie, citadelle, colonel, caporal, escadre, escadron, escalade, escarpe, escorte, estacade, parapet, sentinelle, soldat et autres;

2) des termes de la vie courtoise: altesse, ambassade, cavalcade, cortège, courtisan, mascarade, page et autres;

3) des termes dart, surtout des termes darchitecture, tels que: balcon, belvédère, corridor, façade, cabinet, fresque, maquette, mosaïque, artisan, faïence, costume, cadre, bronze, buste, etc.;

4) il est à noter que les Italiens furent les premiers maîtres de lart musical en Europe occidentale et que toute la terminologie musicale à partir des noms des instrument musicaux jusquaux termes de la théorie de la musique et de la composition musicale sont des termes italiens. Exemples: opéra, sonate, soprano, ténor, mezzo-soprano, violon, violoncelle, forte, piano, etc.;

5) les termes de finance: banque, banqueroute, bilan, crédit, faillite et autres de même que toute la terminologie de la comptabilité;

6) en outre toute une série de mots demploi fréquent de la langue commune sont dorigine italienne: accoster, accort, arlequin, bagatelle, baguette, bandit, brave, brusque, bulletin, canaille, caprice, caresse, carnaval, carrière, charlatan, gazette, madrigal, pédant, poltron, populace, réussir, supercherie, etc.

Les emprunts à litalien sont directs.

Les emprunts àlespagnol et aux autres langues romanes sont moins nombreux que les emprunts à litalien.

 

A lespagnol surtout au XVI et au commencement du XVII s. à lépoque des guerres entre la France et lEspagne ont été empruntés des mots comme: alcôve, adjudant, camarade, casque, chaloupe, débarcadère, caserne, escouade, guitare, hamac; des termes dalimentation: abricot, anchois, cannelle, caramel, chocolat, limon, marmelade, nougat, tomate, vanille, etc.; des termes de distraction, dart et de la vie quotidienne: domino, sérénade, castagnettes, sieste, etc.

Par lintermédiaire du portugais ont pénétré quelques mots exotiques: banane, bambou et autres.

Emprunts aux langues européennes autres que les langues romanes

En dehors des mots dorigine germanique apportés par les Francs aux V-VIIIss. dès le XV s., les guerres de religion, la guerre de 100 ans, enfin les guerres du XVIII et du XIX ss. ont enrichi le lexique français dune certaine quantité de mots de lallemand moderne qui sont la plupart du temps des termes de guerre, tels que: dolman, bivouac, blocus, vaguemestre, képi, obus, sabre et autres; des mots très usuels: bière, blague, bock, chope, choucroute, huquenot, rosse, vasistas, kirsch, zinc et autres.

Enfin, la dernière guerre mondiale a introduit les mots, tels que: la Gestapo, les nazis, les SS et autres ayant rapport à la dictature fasciste.

Durant le XIII s. ont été empruntés aux langues scandinaves et au néerlandais des termes de marine: amarrer, bac, crique, digue, dune, hisser, matelot, mouette, quille, etc.

Depuis le XVIII s. commencent les emprunts à langlais. Le développement politique et économique de lAngleterre, le commerce, lindustrie, les sports ont inondé le lexique français de mots, tels que: rail, budget, jury, meeting, pamphlet, trust, tunnel, wagon, express, paquebot, cabine, chèque, flanelle, interview, jockey, reporter, revolver, smoking, square, tennis, touriste, tramway, bluff, boker, etc.

La mode sen est mêlée, par snobisme (encore un mot anglais qui veut dire fatuité) on emploie sans aucune nécessité des termes empruntés à la langue anglaise: five oclock, flirt, gentlemen, baby, lady et autres.

Cest surtout la langue de sport qui emprunte des mots anglais. Il arrive que les compte-rendus sportifs sont presque incompréhensibles pour les Français.

Il est à noter un phénomène curieux. Un très grand nombre de mots empruntés à langlais sont en réalité des mots français apportés en Angleterre lors de la conquête des Normands au XI s. et qui reviennent aujourdhui plus ou moins changés à leur pays dorigine. Tels sont:

Mots anglais Mots français

budget (terme de finance) bougette (ancien français) petit sac

crochet (terme de sport) crochet (petit croc)

humour (terme littéraire) humeur (état dâme)

record recorder (ancien fr.) rappeler

shokhing (qch qui blesse lhonneur) choc, choquier (heurt)

 

sport desport (ancien fr.)

ticket étiquette (petit écriteau quon met sur les marchandises pour en indiquer le prix etc.)

trust truste (anc. fr.) ensemble des guerriers qui suivaient le roi

Les emprunts aux langues slaves ont été insignifiants avant le XV s. Le français a emprunté quelques mots polonais: polka, calèche, cravache et ukrainiens: , , , , , , , .

Emprunts aux langues orientales. On trouve dans le français un certain nombre de mots arabes, les uns ont été dans les traductions latines douvrages composés par les savants arabes, médecins, astronomes, mathématiciens; dautres sont venus par lintermédiaire du provençal, de lespagnol ou de litalien; quelques uns ont passé en français directement à lépoque des Croisades.

Ainsi: alcali, alchimie, alcool, alcoran, alcôve, algarade , algèbre (dans tous ces mots al représente larticle arabe), amiral, ambre, arabesque, aubergine, burnous, café etc. Voici les emprunts faits à dautres langues:

à lhébreu: alléluia, amen, chérubin, éden, géhenne, hosanna etc.;

au persan: azur, bazar, caravane, caravan-sérail, chacal, dérviche, châle, échec, taffetas, tambour;

au turc: bey, chagrin (peau de), chicane, divan, kiosque;

à lindien: (américain): acajou, ananas, ouragan, quinquina, tapioca;

à lhindoustani: brahme, cornac (conducteur déléphant), paria.

3

:Les voies de lenrichissement lexical du français. Formation des mots nouveaux. Divers types de dérivation. Les emprunts.

1. 3 , 45:

Quels sont les procédés essentiels de la formation des mots ?

En quels groupes peut-on répartir les suffixes suivant les parties du discours quils forment ?

Quels sont les suffixes productifs et les suffixes non productifs ?

Les suffixes peuvent-ils être synonymiques et homonymiques ?

Quels sont les préfixes les plus productifs de nos jours ?

Quest-ce que cest la dérivation parasynthétique ? Et la dérivation régressive ? Citez des exemples.

Quelles parties du discours peuvent se substantiviser ?

Quels procédés dominent en français pour la formation des mots composés ?

Quels sont les essentiels types des mots abrégés ?

 

 

Les onomatopées sont-elles une reproduction exacte ou une approximation de certains bruits dans diverses langues ?

Quelles sont les causes dapparition des emprunts dans le lexique français ?

Quels types demprunts savez-vous?

Quest-ce que les doublets étymologiques ?

Parlez des emprunts au latin et au grec, à langlais, à lallemand et aux langues romanes et autres langues.

2. , :

1. . . . . : , 1990. . 3739.

2. . . / . . , . . . . : . ., 1971. 231 .

3. . . : - / . . . : . . , 2006, . 4460

4. Tcherednytchenko O. Théorie et pratique de la traduction. Ch. Les correspondances lexicales dans la traduction / O. Tcherednytchenko, Y. Koval. Kyiv : Lybid, 1995. P. 2134.

Devoirs à faire

Exercice 1.

Citez les noms des habitants des pays suivants. Expliquez leur formation.

Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Bulgarie, Brésil, Chine, Congo, Cuba, Corse, Canada, Cameroun, Danemark, Ecosse, Espagne, Finlande, Grèce, Guinée, Gana, Hollande, Hongrie, Italie, Islande, Irak, Indonésie, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Suède, Sénégal, Tchécoslovaquie, Togo, Yougoslavie, Japon, Vénézuéla.

Exercice 2.

Expliquez la formation des parasynthétiques suivants: alourdir, déborder, enlaidir, illuminer, irréprochable, indestructible.

Exercice 3.

Précisez lorigine et la fonction formative des préfixes dé-, dés-, di-, dis-, aux mots suivants: défaire, désorienter, désagréable, démonter, difforme, démontable, disproportion.

Exercice 4.

Précisez la parie du discours dont sont tirés les substantifs suivants: la Marseillaise, les occidentaux, le beau, le sublime, le vrai, un dirigeant, un militant, un combattant, un agrégé, un communiqué, un diplômé, un exposé, un permis, le pouvoir, le savoir, le vouloir, les si, les mais, les pourquoi.

Exercice 5.

Précisez la nature et la sphère demploi des substantifs adjectivés suivants: Cheveux carotte, cheveux poivre et sel, cheveux rouge brique, robe citron, robe lilas, robe marron, robe grenat, robe saumon.

Exercice 6.

Spécifiez le modèle de formation des composés suivants. Précisez sa productivité dans les différentes couches lexicales.

Cardiologue, neurologue, astrophysique, avion-fusée, compte-goutte, vide-ordure.

Exercice 7.

Expliquez la formation des abrégés suivants :pitaine, sous-of, bus, perm, boulMich, vel dhiv, compo, prof, accu, carburo.

Exercice 8.

Déchiffrez les sigles suivants : LO.N.U., H.L.M., lO.T.A.N., R.E.R., C.A.P.E.S., S.N.C.F., T.G.V., V.I.P., J.O., D.O.M.

Exercice 9.

Indiquez lorigine et lépoque de la création des emprunts suivants :

1. allegro, adajio, crescendo, cantate, maestro, sonate;

2. compositeur, pianiste, harmonie, symphonie, théâtre, contredanse, menuet, quadrille, polka, mazurka, boogie-woogie, rock-and-roll, twist, valse, romance, guitare, ballet, comédie, tragédie, opéra, vaudeville, acteur, artiste, caméra, cinéma, rôle, scénario, producer;

3. architecture, gravure, sculpteur, sculpture, statue, baroque, bas-relief, rococo, console;

4. littérature, poésie, poème, prose, classicisme, impressionisme, existentialisme, romantisme, réalisme, style, talent, troubadour.


Le thème 6. La phraséologie française

Questions à examiner:

1. Objet détude de la phraséologie. Classification des phraséologismes: séries.

2. Les unités et leurs indices principaux.

3. La nature des proverbes et des dictons.

Termes à retenir:

1. archasme (m) de sens

2. archasme (m) de syntaxe

3. association (f) libre

4. association (f) figée ()

5. construction (f) elliptique

6. construction (f) pléonastique

7. dicton (m)

8. ellipse (f) de substantit

9. indice infaillible

10. littéralement ,

11. locution (f) figée ()

12. locution (f) indiomatique

13. sens (m) de base

14. série (f)

15. série (f) verbale 䳺

16. unité (f) indissoluble

La phraséologie française

Certains mots tendent à se souder entre eux plus étroitement que dautres. On peut dire que la combinaison des mots entre eux varie entre deux cas extrêmes: 1) lassociation libre où les mots ont une entière liberté de se combiner autrement et 2) locution où les mots, à force dêtre employés ensemble pour lexpression dune même idée, perdant toute leur liberté, ne peuvent plus se séparer et nont de sens que par leur réunion.

Entre ces deux cas extrêmes il y a des cas intermédiaires. Par ex., le verbe avoir sunit librement avec les mots, tels que: une robe, un livre, des enfants, une maison, une bicyclette, etc. Mais ce même verbe a perdu entièrement la liberté de sunir autrement dans la locution avoir lieu. Dans avoir de la chance nous avons un type intermédiaire. On peut dire avoir une fière chance, ne pas avoir de chance, avoir une chance médiocre, etc.

Le premier type de groupement de mots (avoir une robe) sappelle groupes libres, le deuxième et le troisième (avoir lieu et avoir de la chance) groupes figés.

Les groupes consacrés par lusage ou groupes figés sappellent locutions phraséologiques.

 

On appelle phraséologie la partie de la lexicologie qui étudie des locutions figées, toutes faites, qui ne peuvent pas être traduites littéralement en une autre langue.

En linguistique soviétique cest lacadémicien Vinogradov qui a fait une étude approfondie des locutions phraséologiques de la langue russe. Mais la classification dune langue ne peut pas être appliquée à une autre, chacune ayant des traits spécifiques de son lexique, des groupements de mots et des rapports entre eux.

Les locutions phraséologiques françaises ont été étudiées et systématiquées par Ch. Bally, éminent linguiste suisse. La classification de Ch. Bally comprend deux groupes de locutions phraséologiques: unités ou associations indissolubles équivalente des mots telles que: avoir lieu, avoir tort, avoir raison, prendre part, etc. et séries, des associations qui nont pas perdu entièrement la liberté de sunir autrement (avoir de la chance). Entre ces deux cas extrêmes il y a, bien entendu, des cas intermédiaires.

Séries

1) Les séries sont des locutions relativement libres. Par ex., les mots gravement et malade sont indépendants dans leur emploi. Ladverbe gravement a un doublet étymologique grièvement ayant la même signification. Mais ladverbe grièvement ne semploie quavec ladjectif blessé, tandis que gravement semploie avec ladjectif malade. Pourtant il ny a aucune nuance de signification spécifique qui attache ladverbe grièvement à ladjectif blessé. Ch. Bally explique cet emploi par lusage. Pour la même raison on dit désirer ardemment, mais aimer éperdument. Il serait incorrect de remplacer un adverbe par lautre dans chacune des locutions.

2) Outre ces types de séries, Ch. Bally distingue les séries verbales qui, selon lui, sont des cas intermédiaires entre les séries et les unités. Ce sont des périphrases verbales très usitées en français. Ordinairement une locution verbale est composée dun verbe et dun substantif employé avec ou sans préposition: ces locutions peuvent presque toujours être remplacées par des verbes simples, par ex., remporter une victoire vaincre, prendre une décision décider, battre en retraite se retirer, etc.

Unités

Les locutions indissolubles sappellent unités. Dans les unités les éléments composants perdent complètement leur signification individuelle, il ny a que lensembles qui en a une. Cette signification nest pas la somme des significations des éléments composants. Lunité est comparable à union chimique.

Les unités sont des équivalents des mots et peuvent être remplacées par des mots simples ayant la même signification. Suivant le mot qui peut les identifier, ces locutions peuvent correspondre à des verbes, à des adverbes, à des adjectifs, à des substantifs.

 

 

Par ex.: avoir lieu, faire peur, battre en retraite, tout à fait, tout de suite, à peu près, sans cesse, peut-être, comme il faut (un homme comme il faut), collet monté (une personne collet monté), pot-au-feu (une femme pot-au-feu), un pied à terre, la manière dagir, une façon de parler, un train de vie, un savoir faire, un savoir vivre, etc.

1. Lindice principal des unités cest la possibilité de remplacer (identifier) une locution par un mot simple. Par ex., battre en retraite - se retirer, faire peur - effrayer, tout à fait - complètement, manière dagir - procéder, pied-à-terre - logement.

2. Un autre indice infaillible cest loubli de la signification des éléments et de leur rapport à la signification de lensemble. Par ex., un Français de nos jours ne se soucie point de la signification des mots isolés dans la locution avoir maille à partir avec qn, mais il comprend très bien le sens de lensemble (avoir un différend avec qn). Cependant le mot maille dans la locution est employé dans sa signification vieillie, celle dune petite pièce de monnaie, pièce qui nexiste plus en France. Le mot partir nest plus employé dans le sens de la locution, celui de partager quil avait dans lancien français. Nous sommes en présence, dans ce cas, dun archaïsme de sens.

3. Le troisième indice dune unité est la présence dun archaïsme de syntaxe, par ex., a) le nom employé sans article: prendre part, donner raison, avoir faim, etc.; b) labsence de prénom personnel conjoint sujet: nimporte, peut- être; c) labsence daccord de ladjectif: à quoi bon lambition, où bon ne saccord pas avec un substantif féminin. Une femme peut dire en parlant delle-même je me fais fort de réussir; d) les adverbes semploient devant les parties du discours quils ne complètent pas en français moderne: une jeune fille très comme il faut, jai bien peur, etc.

4. Une construction elliptique ou pléonastique, linfraction à lordre habituel de mots sont considérées aussi comme indices de lunité phraséologique. Par ex., dans beaucoup de locutions (unités) il y a ellipse de substantif remplacé par un prénom personnel conjoint ou par un prénom adverbial (il, elle, le, la, les, en, y): lemporter sur qn au lien de emporter (remporter) le prix, la victoire.

Dans certains cas, il est difficile de dire quel substantif est remplacé par ces prénoms, par ex., dans il y va de ma vie, en vouloir à qn, en pincer pour qn (tomber amoureux), il est difficile de substituer un substantif aux prénoms adverbiaux en et y.

Lemploi pléonastique, cest-à-dire, superflu, des mots se rencontre plus rarement quune construction elliptique, pourtant on en trouve tout de même: une seule et même personne, être en lieu et place de qn, être toujours par voies et par chemins.

Les unités phraséologiques peuvent être homonymes aux groupes de mots libres.

Si lon compare deux contextes suivants: une foi qui se montre trop est une mauvaise foi et la mauvaise foi embrouille les affaires.

 

Le premier cas présente un groupe de mots libre, le second est un groupe figé, où lunité phraséologique mauvaise foi est équivalent de malhonnêteté, de déloyauté.

Les unités phraséologiques sappellent aussi locutions idiomatiques, cest-à-dire des tours propres à telle ou telle autre langue et qui ne peuvent pas être traduits littéralement en une autre langue.

Ils peuvent correspondre à des locutions idiomatiques de cette autre langue. Par ex., à la locution idiomatique française mettre la main au feu correspond la locution idiomatique russe , qui langue a, à Rome va correspond à , un tiens vaut mieux que deux tu auras équivaut à , , se tourner les pouces , etc.

Ces exemples nous montrent que le sens de la locution idiomatique est le même dans deux ou plusieurs langues, mais le sens de base et limage qui ont servi à la création de la locutions sont différents dans diverses langues. Il arrive parfois que le sens de base est le même ou très proche comme cest le cas dans les locutions acheter chat en poche - , en laver les mains - (se décharger de la responsabilité).

Par rapport au français les locutions idiomatiques portent le nom, de gallicismes, comme par rapport au russe elles sont des russismes, à lallemand des germanismes, etc.

Les linguistes ne sont pas tous tombés daccord sur la nature des proverbes et des dictons. Certains linguistes les rapportent aux locutions phraséologiques, ce qui ne décide point la question de leur classification. Ch. Bally les appelle locutions idiomatiques (prendre une ville sans coup férir, avoir maille à partir avec qn, etc) par conséquent, il les rapproche des unités. Pourtant tout en étant des locutions idiomatiques, des gallicismes, les proverbes et les dictons ne peuvent pas être équivalents à un mot.

Ce sont de brèves maximes qui expriment des vérités générales et des préceptes. Par exemple, advienne que pourra, pauvreté nest pas vice; le vin est tiré, il faut le boire.

Certains proverbes expriment la sagesse du peuple, son expérience, par ex.,: Le temps est un grand maître. Le temps perdu ne revient pas. Santé passe richesse.

Daprès leur origine les dictons et les proverbes se rapportent aux formes de la vie révolue. Certains dentre eux sont tirés des légendes bibliques, par exemple,: à bon entendeur salut (celui qui est apte dentendre quil entende), on voit une paille dans lœil de son voisin, on ne sent pas une poutre dans le sien (on voit de petits défauts de son voisin, on ne remarque pas de gros vices en soi-même).

Dautres remontent à la mythologie: Le talon dAchille (le point faible de qn), passer le Rubicon (surmonter une grande difficulté), les liens de Gymenée (le mariage), etc.

Certains dictons tirent leur origine des oeuvres littéraires: le troupeau de Panurge (tiré du roman de Rabelais, fait allusion aux gens qui suivent aveuglément lexemple dautrui).

Revenons à nos moutons est tiré de LAvocat Patelin, farce du XV s. et signifie ne nous écartons pas de notre sujet. Faire la mouche du coche (ne rien faire et sattribuer les résultats du travail des autres): la part du lion (la meilleure, la plus grande partie de qch) sont tirés des fables de la Fontaine.

Certains dictons sont des paroles prononcées par des personnages historiques à loccasion de quelques événements et qui reflètent la conception du monde de leur auteur.

Par exemple: Après moi le déluge (paroles de Louis XV qui expriment le plus haut degré de légoïsme et de labsolution monarchique), Paris vaut bien une messe (paroles de Henri IV qui sétait fait catholique pour pouvoir devenir roi de France) veut dire que pour atteindre le but il est utile de faire une concession. Du sublime au ridicule il ny a quun pas (paroles de Napoléon lors de sa retraite de Russie en 1812).

Transformations lexicales

Lunité lexicale polysémantique française, fonctionnant chacune dans son système linguistique, a un volume sémantique particulier. Les possibilités combinatoires des correspondances divergent dune langue à une autre. Comparez: La fenêtre de la salle à manger était condamnée ³ .

Le sens de la transformation lexicale consiste à remplacer un mot de loriginal par un mot ou un groupe de mots étrangers ayant une autre forme intérieure, tout en actualisant le sème impliqué par le contexte.

Toutes les transformations lexicales sont classées en transformations usuelles (sanctionnées par le dictionnaire) et occasionnelles (sanctionnées par le traducteur). Les types de transformations lexicales les plus connus sont:

1. Généralisation. Le procédé qui consiste à remplacer le nom despèce par le nom générique (le concret le généralisé):

Il savait les heures de leur retour. ³ , .

2. Concrétisation. Le procédé contraire à la généralisation qui consiste à remplacer le nom générique par le nom despèce:

Cétait un soir. Le bruit sonnait le début du repas. . .

3. Transfert sémantique. Le procédé qui consiste à remplacer un mot par une équivalence étrangère compte tenu du contexte sans prendre en considération la correspondance lexicographique:

Des vitres commencent à chanter. .

4. Transfert autonymique. Le procédé consiste à remplacer lénoncé négatif par celui affirmatif ou vice versa:

Il nallait pas à Paris tous les jours. ³ .

5. Adaptation. Le procédé sert à remplacer linconnu par le connu:

Les loups ne se mangent pas entre eux. .

 

 

6. Explication (explicitation). Lintroduction de linformation supplémentaire pour expliquer au lecteur ce qui est clair dans loriginal sans expliciter:

les journées de juin 1848

7. Amplification. Le procédé est proche de lexplication: le nom abrégé dun établissement, dun lieu est explicité. Ce procédé exige de bonnes connaissances extralinguistiques:

au Point

8. Compréhension. Le procédé consiste à expliquer le sens de lunité linguistique originale, à la remplacer par un autre mot de la civilisation cible:

Tu vas venir, oui ou non? ?

4

: La phraséologie française.

1. 4 La phraséologie française :

Phraséologie comme science linguistique.

Classification des phraséologismes.

La différence entre la phraséologie internationale et nationale du point de vue de la traduction.

Traduction des unités phraséologiques portant une information socioculturelle.

Les calques phraséologiques.

Les procédés de traduction les plus usités des phraséologismes.

2. , .

3. :

1) Fedorova L. Traduction linguistique. Langue française et ukrainienne. Traduction des phraséologismes / Laryssa Fedorova. . : , 1999. P. 8788.

2) Tcherednytchenko O. Théorie et pratique de la traduction. Ch. Les correspondances lexicales dans la traduction / O. Tcherednytchenko, Y. Koval. Kyiv : Lybid, 1995. P. 9192.

4. . Fedorova L. Traduction linguistique. Langue française et ukrainienne. Traduction des phraséologismes / Laryssa Fedorova. . : , 1999. P. 9192.

˳

1. . . / . . , . . . . : . , 1971. 231 .

2. . . : .-. / . . . . : . . , 2006. . 6884

3. Fedorova L. Traduction linguistique. Langue française et ukrainienne. Traduction des phraséologismes / Laryssa Fedorova. : , 1999. P. 9197

4. Tcherednytchenko O. Théorie et pratique de la traduction. Ch. Les correspondances lexicales dans la traduction / O. Tcherednytchenko, Y. Koval. Kyiv : Lybid, 1995. P. 2134.

Devoirs à faire

Exercice 1. Traduisez les proverbes français. Indiquez les procédés de traduction.

1. Lerreur est humaine. 2. Chose promise, chose due. 3. Cest lintention qui compte. 4. Chaque chose en son temps. 5. Le hasard fait bien les choses. 6. Quand on aime, on ne compte pas. 7. Jamais deux sans trois. 8. La nuit porte conseil. 9. Nul nest parfait. 10. Plus on est de fous, plus on rit. 11. Après la pluie le beau temps. 12. Il ne faut pas se fier aux apparences. 13. Qui se ressemble sassemble. 14. Rira bien qui rira le dernier. 15. A la guerre comme à la guerre. 16. Il ny a que la vérité qui fâche. 17. Tout le monde peut se tromper. 18. Tout est bien qui finit bien. 19. Il faut de tout pour faire un monde. 20. A chacun ses goûts. 21. Qui va à la chasse perd sa place. 22. Quand on veut on peut. 23. Une de perdue, dix de retrouvées. 24. Cest la dernière goutte qui fait déborder le vase. 25. La vérité sort de la bouche des enfants. 26. On nest jamais si bien servi que par soi-même. 27. Il ne faut jamais vendre la peau de lours avant de lavoir tué. 28. Lhabit ne fait pas le moine. 29. Tel père, tel fils. 30. Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre. 31. Il y a temps pour tout. 32. Lamour est aveugle. 33. Il y a un commencement à tout. 34. Le malheur des uns fait le malheur des autres. 35. Lunion fait la force. 36. La curiosité est un vilain défaut. 37. Le travail cest la santé. 38. Il ne faut pas mettre la charrue devant le bœuf. 39. Quand le chat nest pas là, les souris dansent. 40. Quand on parle du loup, on en voit la queue (il sort du bois).

Exercice 2.Traduisez les proverbes ukrainiens en français.

1. . 2. ֳ . 3. , . 4. , . 5. . 6. . 7. . 8. . 9. . 10. . 11. , . 12. , . 13. . 14. ͳ , . 15. , , , . 16. . 17. , . 18. , . 19. , . 20. . 21. . 22. , . 23. , . 24. . 25. , . 26. , , , . 27. , .

 

Exercice 3.Choisissez dans la liste ci-dessous les correspondances proverbiales.

Ce nest pas tous les jours dimanche. , .
Aux grands maux les grands remèdes. .
Il ny a pas de fumée sans feu. .
Il ny a que des imbéciles qui ne changent jamais davis. , .
Qui ne risque rien na rien. .
Tant quil y a de la vie, il y a de lespoir. .
Trop est trop. .
La fin justifie les moyens. .
Deux précautions valent mieux quune. .
Cest dans le besoin quon connaît ses véritables amis. .
Lappétit vient en mangeant. , .
Le monde est petit. , .
Aide-moi, le ciel taidera. , .

 

Tout a une fin. .
Ce nest pas à un vieux singe quon apprend à faire des grimaces. , .
Qui aime bien châtie bien. , .
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. .
Loin des yeux, loin du cœur. , .
Rien ne sert de courir, il faut partir à point. .
Il faut que jeunesse se passe. .
Deux avis valent mieux quun. .
La raison du plus fort est toujours la meilleure. , .
Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas quon te fasse. , .
Qui vivra verra. , .
Il faut avoir du courage de ses opinions. , , , , .
La vengeance cest un plat qui se mange froid. , .

 

 

On a toujours besoin dun plus petit que soi. , .
La musique adoucit les mœurs. , .

 

Exercice 4.Traduisez en français.

, , , , , , , , .

Exercice 5. Traduisez en français.

1. . 2. , . 3. ,  . 4. , . 5. . 6. , . 7. . 8. , . 9. , . 10. . 11. . 12. . 13. , . 14. , . 15. , . 16. . 17. , , . 18. . 19. , . 20. , . 21. , . 22. . 23. , . 24. , . 25. , .


Le thème 7. La lexicographie française

Questions à examiner:

1. Types des dictionnaires.

2. Nomenclature et article du mot.

3. Dictionnaires étymologiques.

Le mot lexicographie, se compose de deux mots grecs (lexicon lexique et grapho jécris) a deux significations dans la langue daujourdhui: 1) la recherche des mots dune langue, leur systématisation et leur publication en forme de dictionnaires, 2) lensemble des ouvrages lexicographiques, lensemble des dictionnaires.

La lexicographie est une partie de la lexicographie, pourtant ce sont des ouvrages lexicographiques qui ont donné naissance à la lexicologie et ont déterminé les principes des recherches lexicologiques.

Types des dictionnaires

De nos jours la lexicologie distingue deux types essentiels de dictionnaires : des dictionnaires encyclopédiques et des dictionnaires philologiques (linguistiques).

Les dictionnaires encyclopédiques expliquent les choses et les idées.

Les dictionnaires philologiques expliquent les mots. Il existe des dictionnaires du type mixte. La raison de lapparition de tels dictionnaires résulte dune part, du manque dune théorie lexicographique stable; dautre part, du désir de créer un dictionnaire de référence universel et portatif en même temps.

Le premier type de dictionnaires comprend non seulement les dictionnaires encyclopédiques proprement dits, mais des ouvrages de référence de quelque branche de science ou de technique.

Par exemple, des dictionnaires dagriculture, de chimie, des dictionnaires biographiques, musicaux, etc.

Le but des dictionnaires de ce gendre est la description des objets, des phénomènes ayant rapport à la branche de la science ou de la technique à laquelle ils se rapportent.

Les dictionnaires philologiques comprennent les dictionnaires raisonnés, dictionnaires historiques, étymologiques, phraséologiques, idéologiques, dictionnaires des synonymes, des mots étrangers et autres.

Les dictionnaires qui intéressent surtout les linguistes sont les dictionnaires raisonnés. Ce sont les dictionnaires du type de Thesaurus dont le but est de donner lexplication de tous les mots de la langue.

Dautres dictionnaires linguistiques se posent les buts plus restreints, comme lindiquent leurs noms.

Les dictionnaires philologiques peuvent être unilingues, bilingues et polylingues.

 

 

Les dictionnaires raisonnés sont unilingues, les explications y sont données en langue dont le dictionnaire interprète les mots.

Les dictionnaires bilingues et polylingues sont des dictionnaires de traduction.

Nomenclature (répertoire) et article des mots: chaque dictionnaire est caractérisé par la nomenclature et par larticle de mot.

La nomenclature ne peut pas embrasser tous les mots dune langue. Par conséquent, on fait un choix de mots. Le choix de mots est déterminé : 1) par la nature du dictionnaire et 2) par la conception idéologique de lauteur. Les dictionnaires raisonnés ont pour but dinterpréter tous les mots de la langue commune, un certain nombre de mots techniques et scientifiques en usage aujourdhui, de même quun certain nombre de dialectalismes, de professionnalismes, dargotismes.

Larticle du mot est lexplication du mot donné dans le dictionnaire. Larticle du mot peut être une simple traduction, ou bien, une vaste explication, il peut se réduire à quelques mots, ou bien, occuper quelques pages.

Larticle du mot dépend aussi de la nature du dictionnaire et reflète des conceptions politiques et philosophiques de lauteur.

Lauteur ou les auteurs dun dictionnaire ont toujours à leur disposition le choix des mots.

Les mots dans les dictionnaires encyclopédiques et dans les dictionnaires philologiques sont disposés généralement dans lordre alphabétique.

Cet ordre est observé non seulement par rapport à linitiale, mais aussi par rapport à toutes les lettres qui suivent.

Dans les dictionnaires dits idéologiques ou dans les dictionnaire des synonymes les mots sont disposés dans lordre des idées. Par exemple, sous la rubrique commencement on trouvera des substantifs, tels que: débuté, avènement, prologue, etc., des verbes: commencer, débuter, des adjectifs: initial, premier, primitif, etc., des adverbes: dabord, demblée, etc., des prépositions: depuis, à partir de, etc., des conjonctions; dès que, aussitôt que, etc.

Larticle du mot qui diffère, selon la nature du dictionnaire, dans sa dimension et dans son contenu devient une simple traduction.

Dans les dictionnaires encyclopédiques, spéciaux, de référence ou étymologiques une simple traduction (dans les dictionnaires bilingues et polylingues) reflète aussi la conception des auteurs du dictionnaire.

Passons à présent à la revue des dictionnaires contemporains francais les plus renommés datant des XIX et XX siècles.

1. En premier lieu il faut citer les dictionnaires raisonnés dont le principal est le dictionnaire normatif de lAcadémie Dictionnaire de la langue francaise (1931-1933) en deux volumes.

Ce dictionnaire envisage le lexique français comme un système de significations et demploi à lépoque moderne du développement du francais.

 

 

Comme il a été mentionné plus haut cest un dictionnaire du type de Thesaurus, mais qui néglige, pourtant lexpression familière et le parler populaire. Il est conservateur par principe.

2. Le Dictionnaire de la langue francaise de Littré en quatre volumes (1868-1873), plus le volume supplémentaire en 1877 (Le dictionnaire fut réédité en 1926).

Le dictionnaire Littré est richement illustré des exemples sur lemploi du mot dans ses différentes significations et les nuances de signification que le mot a acquis au cours du développement de la langue à partir de sa signification de base. Littré a pu enrichir sa nomenclature en comparaison avec le dictionnaire de lAcadémie aux dépens de la quantité des livres de tous genres quil a lus.

3. Le dictionnaire général de la langue francaise du XVII siècle jusquà nos jours de Hatzfeld, Darmesteter et Thomas, parut dans la période de 1890-1900, réédité en 1926, il comprend deux volumes.

Les auteurs du dictionnaire ont, pour ainsi dire, tamisé la nomenclature de Lettré en y choisissant les mots les plus employés. Le dictionnaire est précédé dun Traité de la formation de la langue, cest-à-dire de lhistoire de la langue francaise.

4. Les dictionnaires Larousse jouissent dune grande renommé. Il existe: Le grand Larousse, dictionnaire encyclopédique (Grand dictionnaire universel) de XIX siècle) en plusieurs volumes; Nouveau Larousse illustré aussi en plusieurs volumes; Larousse pour tous en deux volumes; enfin Nouveau petit Larousse illustré qui paraît périodiquement augmentant toujours sa nomenclature par des néologismes apparus entre deux dernières éditions.

Dictionnaires étymologiques

1. A. Daudet Dictionnaire étymologique de la langue française, Paris, 1941, 43, 47 (En un volume). Le dictionnaire est précédé dune introduction concernant lHistoire de la formation du lexique francais; de la liste des affixes dorigine grecque et latine et de leurs significations. Une bibliographie brève des ouvrages lexicographiques fait partie du dictionnaire.

Larticle du mot traite de lorigine du mot, de la date de son apparition dans la langue littéraire, donne les dérivés et les composés du mot primitif.

2. O. Bloch et W. Von Warthurg Dictionnaire étymologique de la langue francaise, Paris, 1950 (en un volume).

Le dictionnaire fait létymologie des mots de la langue commune et de certains termes, employés fréquemment et en donne des dérivés et des composés.

Dictionnaires analogiques

1. P. Rouaix Dictionnaire-manuel illustré des idées suggérées par les mots, Paris, 1938 (en un volume).

2. U. Lacroix. Dictionnaire des mots et des idées, Paris, 1956.


Dictionnaire des synonymes

1. A. Z. Sardou Nouveau dictionnaire des synonymes francais, Paris, 1943 (en un volume).

Lauteur prête une grande attention à linterprétation des synonymes.

La nécessite des dictionnaires de synonymes a été reconnue depuis longtemps par les Français, très soucieux de perfectionner leur style et denrichir leur vocabulaire.

Une série de dictionnaires de synonymes basée sur louvrage de Girard apparue à la fin du XVII-e et au commencement du XIX-e siècles. On peut citer entre autres le Nouveau dictionnaire des synonymes établi daprès ceux de Girard, Beauzée, Roubaud, DAlembert, Diderot par F. Guizot, publié en 1809, le Dictionnaire synonymique de la langue française de Laveaux (1826).

En 1858 M. Lafayé fait paraître son Dictionnaire des synonymes de la langue française précédé dune introduction sur la théorie des synonymes.

Parmi les dictionnaires de synonymes parut à la fin du XIX-e siècle on doit citer le Nouveau dictionnaire des synonymes français de A. L. Sardou (1897) qui est spécialement destiné à lenseignement public. Dans lintroduction on fait un exposé sur les rapports sémantiques entre divers éléments de dérivation. Lauteur sest efforcé de donner des explications exactes du sens et des indications assez précises sur lemploie de chaque synonyme. Il a prêté une attention particulière à la synonymie des affixes et à la synonymie des mots à radical commun.

Un des meilleurs dictionnaires de synonymes de nos jours est le Dictionnaire des synonymes de la langue française par R. Bailly (1946) précédé dune préface de M. de Toro.

Le Dictionnaire des synonymes conforme au Dictionnaire de lAcadémie Française rédigé par H. Bénac (1956) sur les principes de M. Lafayé, fait place, dans ses colonnes, à lessentiel de ce qui demeure vivant du dictionnaire de Lafayé. En même temps il admet les termes familiers, populaires, des argotismes devenus usuels, les néologismes (sans les consacrer) et une certaine quantité darchaïsmes faisant partie des séries synonymes. On trouve dans les groupes de synonymes plusieurs locutions phraséologiques. Lauteur fait savoir quil a prêté une attention spéciale à la synonymie des mots employés au figuré quil considère très important.

5

: Lexicographie française.

1. 7 :

Quels sont les différents types de dictionnaires?

Quel est lobjet détude de la lexicologie?

Quest-ce que les dictionnaires étymologiques?

Quelle est la différence entre les dictionnaires historiques et les dictionnaires étymologiques?

 

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La pèlerine

Connaissez-vous, demanda-t-il, le charmant poète autrichien Riesenthal?

Je ne lavais, dis-je, rencontré quune fois. Je me souviens quil avait ce jour-là, parlé de la Russie avec un mélange ravissant de simplicité et de mystèreAutour de ces récits flottait une brume légère qui donnait aux personnages décrits par lui des contours imprécis et des formes plus quhumaines Sa voix même était étrange et comme voilée ! Oui, vraiment, je ne lavais vu quune fois et déjà je laimais mieux que bien des hommes que jai connus toute ma vie Peu de temps après cette brève rencontre, jai appris sa mort, avec tristesse, mais sans surprise, car il avait à peine lair dun vivantDepuis, bien souvent, en voyageant dans les pays les plus divers, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, partout jai rencontré des amis de Riesenthal Tantôt cest un homme, tantôt une femme, dont il a rempli la vie, formé lesprit et qui, à cause de lui, demeure aujourdhui plus délicat et plus sensible que les autres êtres humains.

Je suis content de ce que vous me dites, répondit-il car jétais un ami de Riesenthal. Comme vous, je lavais un jour vu pendant une heure et navais pu loublier. Il y a trois ans, traversant mon pays, il se souvint de moi, mécrivit et

sarrêta chez moi pour un jour. Cétait au début de lautomne et déjà lair était frais. Jhabite au pied de hautes montagnes. Riesenthal, frileux et fragile, souffrit de navoir pas apporté de vêtements assez chauds. Pourriez-vous, me dit-il en souriant, me prêter un pardessus ? Vous voyez que je suis beaucoup plus gros. Jallai chercher une pèlerine brune que javais lhabitude de porter pour la chasse, pendant lhiver.

Riesenthal, amusé, me fit voir quil pouvait sy envelopper sous une double épaisseur détoffe et, ainsi roulé dans ma pèlerine, il se promena longtemps avec moi sous les arbres.

Ce jour-là, ma maison; mon jardin, les feuilles rougissantes, les hautes montagnes qui nous entouraient et, le soir, le feu de bois dans ma cheminée, lui plurent tant quil décida de rester un jour de plus Pendant la nuit, il étala la pèlerine brune sur le lit et, le lendemain matin, la remit, comme une robe de chambre, pour travailler. Le soir, il ma dit quil navait pas envie de partir; de mon côté, je ne souhaitait que garder chez moi le plus longtemps possible cet être unique et délicieux.

Ainsi, les jours saccrochant aux jours, il resta deux semaines dans ma pèlerine.

Enfin, il partit, me laissant, souvenir de ce séjour, un poème. Quelques mois plus tard, jappris sa mort.

Lautomne qui suivit cette mort, je reçus une autre visite, celle dun écrivain français dont jaime le style transparent et lisse et que je connaissais alors très peu. Lui aussi sétait arrêté dans ma petite ville pour un seul jour, car il allait à Vienne. Pendant le déjeuner, la conversation fut difficile. Il me semblait que lamitié que javais espéré séloignait, que nous étions trop différents lun de lautre, et je compris avec regret que nous allions nous séparer sans avoir rien dit de sincère, ni de profond.

 

Après le repas, nous nous promenâmes sous les arbres jaunissants. Il se plaignit de lhumidité et jallai lui chercher la pèlerine de Riesenthal.

Cest un fait assez étrange, mais dès quil eut ce vêtement sur les é

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